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Conférence
Vendredi 8 mai 2009, 10:00, Auditorium 800 - Matthias Sandorf - Lorsque thérapeute et patients débutent la thérapie, deux intentionnalités se rencontrent. Le patient amène le contexte relationnel dans lequel s’exprime sa plainte, le thérapeute le contexte de soins dans lequel s’exprime son savoir faire. La forme que va alors prendre ce contexte : recadrage, problème, objectif, induction de transe, va permettre de trianguler la relation patient thérapeute en s’imposant à la fois à l’un et à l’autre. A ce niveau se joue l’accordage patient thérapeute et se construit l’alliance. Elle doit « parler » à l’un comme à l’autre : c'est-à-dire mobiliser le vécu. Cette mise en forme va déterminer dans l’immédiateté du temps présent les interactions possibles entre le thérapeute et le patient et les possibilités de changement. Des exemples illustreront ces propos.
Ouverture d’une Unité fonctionnelle : Hypnose, HTSMA, Thérapies brèves, au sein du pôle de psychiatrie d’un centre hospitalier général
Table rondeVendredi 8 mai 2009, 16:45, Salle I - Michel Strogoff - La création d’une unité fonctionnelle intersectorielle dédiée aux thérapies brèves au sein d’un Pôle de psychiatrie du secteur public, est issue de l’initiative de quelques collègues pratiquant déjà l’hypnose. Ils se sont laissés guider par leur désir de mettre à la portée d’un plus grand public les thérapies issues de l’approche systémique, notamment solutionniste, ericksonienne, et employant le modèle EMDR de Shapiro. D’abord informelle, puis institutionnellement nommée, cette unité a permis de proposer une intervention dans les champs de la psychiatrie et l’addictologie, de la douleur, des soins palliatifs, de la pédiatrie… Les quelques histoires cliniques constituant l’exposé ont pour particularité d’illustrer l’articulation de ces pratiques au sein d’un hôpital, où elles peuvent désormais être recommandées par une équipe qui les connaît mais ne les pratique pas. Mme B…, adressée par le secteur de psychiatrie, réussit à réduire son traitement anxiolytique et se voit reprendre des activités qu’elle avait abandonnées. Mme G…, qui s’effondre dans un quotidien noyé dans les substances addictives, découvre comment flotter en surface. Le jeune P… adressé pour un plongeon de son parcours scolaire, réapprend à se faire confiance… Mme S… trouve la sérénité quelques jours avant la fin de sa vie, et peut reprendre la communication avec sa famille… Ces vignettes décrivent chacune l’histoire d’une collaboration entre praticiens qui se sont redécouverts en cultivant un champ en commun : celui de la relation d’aide, débarrassée des lourdeurs du découpage moderne de la médecine. Les auteurs souhaitent encourager par ces exemples, toutes les initiatives qui pourraient rapprocher les filières spécialisées de soin d’une prise en charge cessant de dichotomiser l’individu entre un corps d’une part et un esprit d’autre part.
Eric Bardot
Médecin psychiatre - IMHENA/AREPTA
- Intuition et résonance en HTSMA - Samedi 9 mai 2009, 12:45, Salle I - Michel Strogoff
- Contexte et triangulation : un pont entre l’hypnose, les thérapies brèves et l’HTSMA - Vendredi 8 mai 2009, 10:00, Auditorium 800 - Matthias Sandorf
- Initiation à l'HTSMA - Jeudi 7 mai 2009, 16:30, Salle M - Passepartout
Jeudi 7 mai 2009, 14:00, Salle G - Le Rayon Vert - Le contexte des soins palliatifs, et plus spécialement le travail en équipe mobile, est particulier. Nous sommes souvent amenés à intervenir dans l’urgence, et nous assistons parfois à des drames. Nous rencontrons des malades épuisés, des familles découragées et des équipes parfois débordées. L’intérêt d’une approche systémique repose sur le fait que la prise en charge d’une situation problématique peut se faire à plusieurs niveaux : d’une part rencontrer le patient au soir de sa vie et prendre en compte ses besoins , d’autre part rencontrer les familles ou les proches qui vivent difficilement le départ de l’un des leurs (avec parfois la rancœur, la colère , les reproches…). Notre travail consiste aussi à aider les équipes soignantes lorsqu’elles sont en difficulté dans une prise en charge. Mais nous pouvons aussi rencontrer ensemble les malades ET leurs familles, les patients, les familles ET les équipes soignantes et faire en sorte que la parole circule. Dans cette proposition de communication, j’aimerais partager avec vous comment l’utilisation de l’hypnose et des outils de la thérapie systémique a été et est toujours pour moi un bon moyen d’éviter de prendre de plein fouet tout ce qui se joue lors de l’accompagnement des personnes en fin de vie ; comment l’hypnose et les questionnements solutionnistes peuvent nous aider, nous thérapeutes, à adapter notre posture, garder les pieds dans notre propre monde tout en étant bien présent auprès des malades et de leur entourage. - Pour le patient d’abord, qui doit faire face , avec tout ce que cela engendre de tristesse , de désespoir, à la dégradation physique (après un chemin parfois très long de combat contre la maladie), l’hypnose conversationnelle ou plus formelle peut apporter un peu de confort, aider à soulager une douleur. Elle permet au thérapeute de s’ajuster, d’être également plus au calme avec ses propres émotions. - Pour les familles, qui ne comprennent pas ou qui n’acceptent pas la mort prochaine de l’un de leurs proches, les questionnements solutionnistes, les questionnements circulaires, les recadrages, sont des outils précieux qui aident au désamorçage de situations parfois explosives. - Enfin, pour le personnel soignant, lors des groupes de paroles, les outils de la thérapie orientée solution permet souvent d’installer un autre climat, d’aborder les problèmes sous un angle différent. Forme : présentation des outils utilisés, présentation de quelques cas cliniques et réflexion autour de la posture du thérapeute.
Apport de l'hypnose, des thérapies brèves, de l'HTSMA autour de l'acte opératoire
AtelierVendredi 8 mai 2009, 12:15, Salle M - Passepartout - 1. La Consultation : Accueillir le patient, créer une alliance, écouter, observer, choisir le type d’anesthésie, informer, rassurer. Comment bien le faire : à l’aide de l’hypnose conversationnelle tout au long de l’entretien . Position basse. Création d’un rapport réciproque de confiance, sorte de contrat client- anesth. Observation du patient, langage verbal et non verbal. Identification des peurs liées à l’acte et/ou au résultat. En modifier la perception, obtenir un changement par des stratégies : recadrage, métaphores, Douleur présente : l’analyser. Recherche de la place sûre. Accompagnement : dire qu’à tout moment, quelqu’un sera là pour entendre et agir. La visite de la veille : pour créer la relation thérapeutique, l’alliance, avec comme but de porter le stress au niveau le plus bas. Au bloc, tout juste avant l’acte chirurgical, s’enquérir de l’état dans lequel se trouve le patient et l’installer sans attendre dans sa place sûre Dissociation : on lui demande de choisir un endroit où il préférerait être, maintenant, plutôt que d’être ici, un endroit où il se sente en sécurité… protégé, on le laisse le chercher… prendre son temps, utilisation du V.A.K.O.G Bénéfice : le fait de parler selon le mode de l’hypnose conversationnelle, apaise non seulement le patient mais toute l’équipe. La salle de réveil : dés les premiers signes de réveil, rassurer immédiatement du bon déroulement de l’intervention. Rythme : dire aux patients : prenez… votre temps… pour vous… réveiller… revenir… ici… parmi nous… à votre rythme… après quelques inspirations… voila… c’est bien… tranquillement… Gérer la douleur Réassocier si agitation : mouvements alternatifs sur le canal kinesthésique ex : toucher alternativement épaule D, épaule G en rythme en prononçant un discours apaisant, observer le ralentissement du rythme respiratoire puis, réinstaller le patient dans le temps et l’espace car souvent la désorientation au réveil est source d’angoisse. Conclusion : la relation thérapeutique est essentielle pour le bon déroulement de cette période opératoire. Le protocole est nécessaire dans l’apprentissage théorique du « savoir optimiser cette relation » mais dans la pratique, l’échange avec le patient, parfois comme un jeu de ping-pong, la recherche, comme une énigme policière, ce tissage à « quatre mains » , cette co-construction en vue de l’objectif, est unique et donc ne peut naître dans mon expérience, ni d’un protocole, ni d’une stratégie, mais plutôt « laisser voir, laisser venir ».
Hypnose et chirurgie du cancer du sein : patientes et psychiatre en pays hypnotique
Table rondeSamedi 9 mai 2009, 14:00, Salle G - Le Rayon Vert - Découverte d’un échange entre psychiatre et anesthésiste autour de la chirurgie des femmes atteintes d’un cancer du sein. L’invitation s’est faite autour de la question de la prévention du syndrome douloureux post-mastectomie, et de la nécessité de prise en charge précoce de l’anxiété et de la douleur autour de la chirurgie. Comment « préparer » ces patientes ? Le psychiatre ne pouvant se substituer à l’anesthésiste, il utilise ses connaissances de thérapeute… Nouer une relation de respect, de reconnaissance de la souffrance aussi bien physique que psychique, de confiance, de sécurité avec ces femmes parfois déjà blessées par la maladie mais ô combien demandeuses d’échange et d’une relation de partage réciproque. La participation à un protocole rend aussi compte du souhait d’aide active de la patiente à l’amélioration des pratiques. Au contact de leurs ressources, elles retrouvent leur caractère de « femme active », affirmation très forte face à la maladie. Bien souvent, elles connaissent déjà les médecines dites alternatives. La nouveauté du protocole : une séance d’hypnose la veille de l’intervention, et une seconde pendant l’hospitalisation, est une incitation pour le thérapeute à puiser dans sa créativité pour permettre à chacune d’expérimenter une transe orientée vers un objectif de mieux-être personnel : s’apaiser, se préparer à la chirurgie, préparer un voyage, se réconcilier avec ses voisins... Au thérapeute de se laisser surprendre par les compétences de ses patientes pour les accompagner à la découverte de leur chemin.
Troubles attentionnels et Hypnose Orientée Solution
AtelierSamedi 9 mai 2009, 14:00, Salle J - L'Ile Mystérieuse - Dans cet atelier, nous présenterons une « stratégie » d’intervention auprès de jeunes patients présentant un trouble de l’attention (avec ou sans hyperactivité et impulsivité). Nous proposerons aux collègues confrontés à ce trouble un partage d’expérience de traitement par l’hypnose et les thérapies brèves ainsi que des extraits de séances filmées avec nos patients (enfants, adolescents). La réflexion interrogera la pertinence de ces approches dans cette pathologie. Notre utilisation de l’hypnose se base sur le postulat suivant développé dans notre communication à Liège en 2007 : les enfants ou adultes dits dans la lune ou les nuages sont en fait en état hypnotique. Notre constat est que la transe hypnotique peut être utilisée avec ceux qui ont justement du mal à être attentifs et y rester car elle permet d’accroître la concentration. Elle leur permet de devenir actifs en exploitant leur tendance spontanée à aller en transe. Notre rôle de thérapeute est donc d’apprendre à nos patients à passer de l’hypnose négative (tomber dans la lune, être distrait…) subie passivement à l’hypnose positive, c’est à dire utile pour eux dans la mesure où ils en font une ressource en devenant capables d’entrer et d’en sortir volontairement et / ou activement selon leurs besoins. Pour ce faire nous puisons dans les outils suivants : les métaphores comme le filtre qui laisse passer ce qui est utile ; l’hallucination négative ; la durée et le maintien des capacités attentionnelles au fil du temps par la progression en âge, la distorsion du temps ; le travail sur le passage entre l’attention sélective et l’attention partagée et vice-versa comme la visualisation en tunnel, la veille (vigilance) élargie de Roustang ; les ancrages sensoriels ou symboliques ; les suggestions post hypnotiques, et les prescriptions de tâches.
Pratique de l'hypnose en dermatologie
Table rondeJeudi 7 mai 2009, 15:15, Salle N - Pierre Aronnax - L’influence de l’hypnose peut changer radicalement la pratique quotidienne du dermatologue grâce aux qualités de communication qu’elle développe. En effet, l’hypnose peut aider le praticien dans deux types de situations : - Premièrement, comme le dentiste et l'anesthésiste, le dermatologue pratique des gestes techniques potentiellement douloureux. - Deuxièmement, face à une dermatose répondant mal aux thérapeutiques habituelles et avec une participation psychologique reconnue, l’hypnose et la thérapie brève ont leur place. Dans un but analgésique, plusieurs techniques peuvent être choisies. Par exemple, pour l'enfant, on instaure une ambiance ludique, merveilleuse. Avec un langage hypnotique, on raconte une histoire de gâteau d’anniversaire où l'enfant doit souffler des bougies qui ne s'éteignent pas du premier coup. Bien souvent, les parents sont complices et apportent leur aide à détourner l'attention de l'enfant en évoquant ses centres d'intérêts. Pour l'adulte, on instaure plus facilement une ambiance zen, agréable. On focalise son attention sur sa respiration, pendant qu’il abandonne le membre à traiter au dermatologue. Lorsqu’on entreprend une thérapie brève avec un patient souffrant d'une dermatose avec une influence psychologique, c’est avec son accord. A ce stade, le patient est souvent découragé par les échecs des derniers traitements entrepris. Un cadre de départ est alors défini, on propose un nombre limité de séances de ¾ heures chacune en moyenne. Le but du traitement n’est pas forcément de se débarrasser de sa maladie mais surtout de mieux la gérer, d’apporter du confort et de la sérénité. Lors d’un premier entretien, on procède à un interrogatoire précis du patient sur les relations qu’il entretient avec ses proches, sur ses loisirs. Qu’est-ce qui déclenche ou aggrave sa dermatose et qu’est-ce qui l'améliore ? A la fin de la séance le thérapeute et le patient définissent ensemble un but thérapeutique : le plus petit changement possible qui sera bénéfique au patient. Lors des séances suivantes, le thérapeute aide le patient dans ses changements en proposant un exercice d’hypnose adapté au contexte. Ainsi, la notion de problème s’efface devant celle de la solution. L’hypnose permet un recadrage rapide pour retrouver une certaine sérénité, en libérant les tensions et les conflits internes. Elle apprend au patient à mieux gérer son stress en utilisant ses propres ressources pour moins se martyriser et retrouver même le plaisir d’avoir « une belle peau ».
