CFHTB - Confédération Francophone d'Hypnose et de Thérapies Brèves

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Voyage entre Hypnose et Pensée Juive Conférence
Jeudi 7 mai 2009, 14:00, Salle I - Michel Strogoff - Dans le livre des prophètes, on décrit la prière de Hannah, jeune femme désespérée de ne pas avoir d’enfants. Quand on la lit bien c’est une vraie transe hypnotique. Cela entraînera la confusion, le bousculement de la pensée de l’époque, mais aussi la reconnaissance d’une façon de prier plus authentique, seule capable de porter l’espoir et le changement, et qui se transmettra à travers les générations. Au temps du Talmud, Hillel l’ancien énonce « Si je suis là tout est là. Si je ne suis pas là, qui est là ? ». L’exégèse de cette phrase nous évoque ce que les penseurs de l’hypnose écriront sur les possibilités pour l’homme de prendre « sa place », et d’opérer un changement dans sa vie. C’est en effet presque 2000 ans plus tard que F. Roustang écrira : « Si ce n’est moi, qui provoque le changement ? ». Au moyen âge, Maïmonide, rabbin, médecin, philosophe, et encore considéré comme l’un des plus grands penseurs juifs de tous les temps, écrit en introduction à un commentaire Talmudique, le « Traité des huit Chapitres ». C’est vraisemblablement le premier ouvrage judaïque de psychologie, et peut être même un des premiers traités de psychologie tout court. Comme si avant d’évoquer des recommandations talmudiques, qui sont pour lui ce que l’Homme doit être, Maïmonide voulait d’abord nous éclairer sur ce que l’Homme est. Au centre de sa pensée se trouve la liberté fondamentale des humains à pouvoir agir sur eux-mêmes, provoquer des changements, utiliser leurs ressources pour changer leurs penchants, leurs émotions négatives, les « maux de leurs âmes ». D’autres exemples encore montrent que des ponts peuvent être établis entre la pensée juive et la « pensée hypnotique ». D’autres ponts existent avec d’autres courants de pensée, d’autres aspects de la vie. Y a-t-il lieu de s’en étonner ? Après tout, si l’étude de l’hypnose nous emmène à une meilleure compréhension de ce que nous sommes, ce que nous vivons, ce que nous pouvons, il serait logique d’en retrouver une trace dans beaucoup de systèmes qui ont cherché à nous éclairer sur la condition humaine.
Philippe Aim
Interne en Psychiatrie - IMHENA/AREPTA

  • Voyage entre Hypnose et Pensée Juive - Jeudi 7 mai 2009, 14:00, Salle I - Michel Strogoff
Hypnose et chirurgie du cancer du sein : patientes et psychiatre en pays hypnotique Table ronde
Samedi 9 mai 2009, 14:00, Salle G - Le Rayon Vert - Découverte d’un échange entre psychiatre et anesthésiste autour de la chirurgie des femmes atteintes d’un cancer du sein. L’invitation s’est faite autour de la question de la prévention du syndrome douloureux post-mastectomie, et de la nécessité de prise en charge précoce de l’anxiété et de la douleur autour de la chirurgie. Comment « préparer » ces patientes ? Le psychiatre ne pouvant se substituer à l’anesthésiste, il utilise ses connaissances de thérapeute… Nouer une relation de respect, de reconnaissance de la souffrance aussi bien physique que psychique, de confiance, de sécurité avec ces femmes parfois déjà blessées par la maladie mais ô combien demandeuses d’échange et d’une relation de partage réciproque. La participation à un protocole rend aussi compte du souhait d’aide active de la patiente à l’amélioration des pratiques. Au contact de leurs ressources, elles retrouvent leur caractère de « femme active », affirmation très forte face à la maladie. Bien souvent, elles connaissent déjà les médecines dites alternatives. La nouveauté du protocole : une séance d’hypnose la veille de l’intervention, et une seconde pendant l’hospitalisation, est une incitation pour le thérapeute à puiser dans sa créativité pour permettre à chacune d’expérimenter une transe orientée vers un objectif de mieux-être personnel : s’apaiser, se préparer à la chirurgie, préparer un voyage, se réconcilier avec ses voisins... Au thérapeute de se laisser surprendre par les compétences de ses patientes pour les accompagner à la découverte de leur chemin.
Du chicon à l’ouroboros thérapeutique : de la dynamique du changement… à la théorie du miroir comportemental ; un voyage extraordinaire dans la non-intentionnalité Conférence
Vendredi 8 mai 2009, 14:00, Auditorium 200 - Mary Grant - Comment, dans la stratégie dynamique du changement, la théorie du miroir comportemental permet d’accéder à la technique de l’ «ouroboros thérapeutique». Cet «ouroboros thérapeutique», utilisé dans un cadre de non intentionnalité, permet de faire éclore la «métaphore spontanée » du patient, source du changement. Elle est le reflet même du patient car créée par et pour lui. La stratégie dynamique du changement amène, dans la thérapie, à la notion d’objectif pour le sujet. Cette notion aboutit à la théorie du miroir comportemental, consistant à reproduire la logique de pensée (le schéma comportemental) du patient, comme si le thérapeute renvoyait le reflet comportemental de son patient, sans aucun correctif. L’ouroboros thérapeutique tend à reproduire cette logique de pensée, afin qu’avec celle-ci le patient aboutisse de lui-même à un non sens, qui va lui permettre de sortir de sa pensée circulaire et donc de se trouver dans un présent générateur de changement. Cette technique permet d’éviter la création de bon nombre de résistances par le thérapeute mais pas celle de la résistance au changement liée à l’homéostasie par rétroaction systémique. D’où la nécessité d’utiliser la notion de Projection Active dans le Futur (PAF) au cours de la recherche d’objectif. La croyance ne changeant que dans l’expérience, le sujet souffre moins quand il peut rajouter de nouvelles représentations projetées intermédiaires entre la représentation projetée idéale et celle vécue dans l’ici et maintenant. Ceci nous amène à aborder la notion capitale de la non-intentionnalité du thérapeute, afin de prévenir l’introduction de vrais-faux souvenirs, en utilisant la métaphore spontanée du patient et seulement celle là, celle qui se crée au cours du colloque singulier de la séance d’hypnose. C’est la condition sine qua non du respect du patient. « Un thérapeute n’a pas le droit d’avoir la prétention, de savoir ce qui est bon pour son patient, mais seulement la joie de pouvoir recevoir comme un cadeau, le fait de l’accompagner dans cette création ».
Qu'est-ce que la pensée et la conscience sous hypnose ? Logique des états limites de conscience Conférence
Vendredi 8 mai 2009, 16:30, Auditorium 200 - Mary Grant - L'hypnose pose la question de la nature de la pensée et de la conscience. Certains membres de l'Arepta (Nantes) lient l'état de conscience accessible sous hypnose à la joie au sens de Bergson menant à la "conscience dilatée". Reprenant la notion d'élan vital de Bergson, nous suggérons qu'il se joue en hypnose une énergie de vie en amont des pulsions (liées à une logique de conservation du corps dont, selon Bergson, le plaisir est garant), liée au partage d'états de conscience selon, par conséquent, une logique transpersonnelle, gouvernant la logique mimétique (neurones miroirs), au- delà même de la mort du corps. La relation hypnotique permettrait ainsi d'accéder à un espace immatériel hors du temps, fractal, reproduisant une forme unique à différentes échelles, reproduite en différents lieux du corps sous formes de réseaux biocognitifs, relevant d'une dynamique de "résonance morphique" propre aux "ondes de forme" de R. Sheldrake (d'où le rôle des métaphores en hypnose), en accord avec la logique de transmission de l'information (qui serait donc une forme) par transduction énoncée par Rossi. Cet espace serait celui du "champ de bioinformation" du modèle biocognitif de M. Martinez. Il serait également du même ordre que l'espace de phase auquel sont conduits les physiciens lorsqu'ils éliminent le temps. Les "ondes de forme" sont assimilables, selon R. Sheldrake, à un "septième sens". Un modèle expérimental de ce septième sens nous est fourni par les expériences d'un nantais, le Dr Peoc'h, mettant en relation un poussin et un robot aléatoire avec lequel le poussin entretient une relation d'empreinte. En rendant compte avec précision de ces expériences, nous aboutissons à de nouvelles définitions de l'attention, de la motivation, de l'imagination et à un modèle pour la transe hypnotique et la conscience dans ses relations avec le corps, dérivé du modèle qualitatif de couplage structurel de Varela.
Hypnose et lieux de mémoire Conférence
Samedi 9 mai 2009, 9:00, Auditorium 450 - Capitaine Nemo - Sur le versant théorique et pratique les divers courants psychothérapeutiques entretiennent des rapports étroits avec la mémoire, celle de l’individu et celle du groupe auquel il appartient. Une thérapie est très souvent centrée sur des souvenirs qu’il s’agit de laisser ré émerger afin d’assigner une étiologie aux troubles dont souffre le sujet. L’imagerie cérébrale et la mise en évidence des circuits synaptiques de l’hippocampe semblent fournir une caution scientifique à ce qui se présentait comme de simples hypothèses de cliniciens. Pour le grand public et pour bien des thérapeutes l’hypnose est la méthode de choix pour conduire in vivo une exploration de notre mémoire. La profondeur de la transe sert de garantie à un accès privilégié aux « fichiers » les plus secrets de notre « disque dur ». L’hypnose reconduit ainsi tacitement une grande partie des présupposés les plus évidents sur le siège, le fonctionnement et les usages de la mémoire et plus largement de la pensée. En contre point, j’aimerais explorer une autre version possible de ces mêmes sujets et ceci à partir du livre de Frances Yates : « L’art de la mémoire ». Cet ouvrage décrit un procédé mnémotechnique utilisé dans l’antiquité, consistant à associer les différentes parties d’un texte aux différents espaces d’un édifice architectural bien connu de celui qui doit mémoriser. Pour se souvenir il suffit ensuite de re parcourir mentalement les lieux du bâtiment pour retrouver ainsi ce qui leur a été associé. Cet exemple historique offrit un modèle différent des processus de la mémoire et du mental. Il permet également de répondre aux interrogations de ce forum quant à la place à accorder au protocole et à la stratégie dans la relation thérapeutique. Sur le plan pratique j’adapte et utilise ce protocole mnémotechnique dans mes séances parfois pour l’induction mais aussi comme un moyen de retrouver des souvenirs. Par ailleurs cet « art de la mémoire » indique que le mental ne peut être réduit exclusivement à son support neuronal. La pensée est extérieure et fondamentalement interactionnelle. Cette hypothèse a des conséquences stratégiques que je me propose de développer dans cette intervention. Elle permet enfin de mieux saisir la cohérence épistémologique entre l’approche thérapeutique de l’école de Palo Alto ( centrée sur l’interaction ) et les apports de l’hypnose Ericksonienne .
Un voyage extraordinaire : du sommeil éveillé aux rêves lucides des indiennes américaines et mexicaines à travers l’hypnose Conférence
Jeudi 7 mai 2009, 11:00, Auditorium 800 - Matthias Sandorf - Que se passait-il chez les sujets de Robert Desoille quand il travaillait avec le sommeil éveillé ? Qu'y a-t-il de similaire et de différent entre le sommeil éveillé de Desoille et les rêves lucides des indiennes américaines et mexicaines ? Comment l'hypnose naturelle, ericksonnienne, peut-elle être utilisée pour apprendre à produire des rêves lucides ? La Physique Quantique est très utile pour nous aider à le comprendre.
Troubles attentionnels et Hypnose Orientée Solution Atelier
Samedi 9 mai 2009, 14:00, Salle J - L'Ile Mystérieuse - Dans cet atelier, nous présenterons une « stratégie » d’intervention auprès de jeunes patients présentant un trouble de l’attention (avec ou sans hyperactivité et impulsivité). Nous proposerons aux collègues confrontés à ce trouble un partage d’expérience de traitement par l’hypnose et les thérapies brèves ainsi que des extraits de séances filmées avec nos patients (enfants, adolescents). La réflexion interrogera la pertinence de ces approches dans cette pathologie. Notre utilisation de l’hypnose se base sur le postulat suivant développé dans notre communication à Liège en 2007 : les enfants ou adultes dits dans la lune ou les nuages sont en fait en état hypnotique. Notre constat est que la transe hypnotique peut être utilisée avec ceux qui ont justement du mal à être attentifs et y rester car elle permet d’accroître la concentration. Elle leur permet de devenir actifs en exploitant leur tendance spontanée à aller en transe. Notre rôle de thérapeute est donc d’apprendre à nos patients à passer de l’hypnose négative (tomber dans la lune, être distrait…) subie passivement à l’hypnose positive, c’est à dire utile pour eux dans la mesure où ils en font une ressource en devenant capables d’entrer et d’en sortir volontairement et / ou activement selon leurs besoins. Pour ce faire nous puisons dans les outils suivants : les métaphores comme le filtre qui laisse passer ce qui est utile ; l’hallucination négative ; la durée et le maintien des capacités attentionnelles au fil du temps par la progression en âge, la distorsion du temps ; le travail sur le passage entre l’attention sélective et l’attention partagée et vice-versa comme la visualisation en tunnel, la veille (vigilance) élargie de Roustang ; les ancrages sensoriels ou symboliques ; les suggestions post hypnotiques, et les prescriptions de tâches.