CFHTB - Confédération Francophone d'Hypnose et de Thérapies Brèves

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Jacques-Antoine Malarewicz
  • Gilbert Simondon et la psychothérapie - Jeudi 7 mai 2009, 10:00, Auditorium 800 - Matthias Sandorf
Gilbert Simondon et la psychothérapie Ouverture
Jeudi 7 mai 2009, 10:00, Auditorium 800 - Matthias Sandorf - Gilbert Simondon (1924-1989) est souvent considéré comme le plus connu des philosophes français inconnus où l’inconnu parmi les philosophes connus. Son principal ouvrage « L’individuation à la lumière des notions de forme et d’information », lequel correspond à une partie de son doctorat de philosophie, soutenu en 1958, et qui n’a été édité dans sa totalité qu’en 2005, est une œuvre touffue, rébarbative et donc difficile d’accès. Cependant, elle pose au psychothérapeute des questions primordiales. D’abord, peut-on exercer ce métier sans s’interroger sur sa dimension philosophique, c'est-à-dire sur la conception que chacun peut avoir de ce qu’est l’être humain ? On sait que Freud, sur ce point, a été des plus ambigus : à la fois méprisant pour les philosophes et secrètement fasciné par la philosophie, comme face à une inquiétante étrangeté. La question suivante concerne l’individu et chez Simondon, avec une acuité sans cesse renouvelée, le processus d’individuation qu’il place au centre de sa réflexion. Pour lui, rien n’est jamais acquis en ce domaine au sens où nous nous « individuons » constamment. Ici, l’oreille d’un systémicien se dresse d’autant plus que Simondon -- troisième piste de réflexion -- se réfère à deux corpus théorique comme l’indique le titre de sa thèse : la théorie de la forme et celle de l’information, c'est-à-dire la cybernétique. À mon sens, dans le dynamisme qu’il instaure au cœur du processus d’individuation, cet auteur renouvelle de manière fondamentale le travail du psychothérapeute. Il dessine les contours d’un au-delà de la systémique, elle-même trop inféodée à la cybernétique. Simondon parle de métastabilité là où la systémique invoque l’homéostasie, de transduction plutôt que de rétroaction. Ainsi, le but de cet exposé sera d’éclairer son cheminement, malgré son caractère très théorique, au regard de la pratique de psychothérapeutes qui privilégient la dimension relationnelle de leur travail.