CFHTB - Confédération Francophone d'Hypnose et de Thérapies Brèves

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Le koan zen : une logique intuitive stratégique de l'entre-deux Conférence
Vendredi 8 mai 2009, 16:00, Auditorium 200 - Mary Grant - La logique d’Aristote a été, pendant longtemps, le modèle de la pensée avec ses trois « lois » fondatrices du déterminisme scientifique : - le principe d'identité : A est A, - le principe de contradiction : A n'est pas non-A : « rien ne peut à la fois être et ne pas être, une proposition ne peut être vraie et fausse en même temps », d'où ce qui est vrai n'est pas faux, ce qui est faux n'est pas vrai; ce qui est bon n'est pas mauvais, ce qui est mauvais n'est pas bon. - principe du tiers exclu : il n'y a pas de milieu entre A et non-A : « tout doit ou bien être ou bien ne pas être : une proposition est soit vraie, soit fausse », d'où toute chose est soit bonne soit mauvaise. L’éclosion des « logiques non-aristotéliciennes », comme le disait Alfred Hadbank KORZYBZKI, le père de la sémantique générale, la « logique du flou » introduite par Lotfi ZADEH en 1965, l’émergence des « logiques tétravalentes », ont bousculé notre organisation mentale, en décloisonnant nos catégories de pensées. Le koan (chinois : gong an) s’inscrit dans ce mouvement de pensée « translogique », en effaçant les pôles logiques du discours et le véhicule de la signification. C’est un énoncé court, ou un dialogue, « une histoire, une affaire, une situation énigmatique en ce qu’elle exige une réponse dont elle ne contient pas les données. » Mais n’est-ce pas ce que déclenche l’hypnose avec ses techniques de dissociation, de paradoxes, de confusion, de métaphores ? En ouvrant un espace de l’entre-deux, où va naître, après-coup « l’éclair de l’éveil », suite à l’ l’INTER-rogation, que les Chinois appellent « pleinière » [yi tuan] , et qu’ouvre nécessairement le Koan, dès qu’il est entendu et où on essaye vainement « de mâcher nos propres dents » ? Ce questionnement par lequel on est aspiré (inspiré) est comme l’écrit Claude GREGORY « une incarcération mentale qui devient vite une ordalie » [EU, 1990, 5, p 335,]. Elle nous met dans un moment actif de paralysie dynamique, avant que subitement ne jaillisse le satori. Mais lorsque le koan est utilisé dans l’espace thérapeutique il l’est dans une stratégie où on veut atteindre un but qu’on ignore encore. Mais on a la certitude intuitive que c’est le moment où le patient peut le recevoir. C’est ce que nous montrerons dans l’exposé.
Joël De Martino
Docteur en Psychologie Sociale Clinique ,Psychothérapeute, Formateur - IMHE Avignon Provence

  • Le koan zen : une logique intuitive stratégique de l'entre-deux - Vendredi 8 mai 2009, 16:00, Auditorium 200 - Mary Grant